
IBE à pied d’œuvre : compétences renforcées et nouveau départ pour les marchandes de poisson
Une formation qui fait la différence ! Cette déclaration du Directeur pays, Sami BEJAOUI, du Fonds International de Développement Agricole (FIDA) lors de la cérémonie de certification des 200 commençantes de poissons le jeudi 19 février résume l’essence du renforcement de la filière de la pêche dans le cadre du projet d’Économie Bleue Inclusive (I-BE).
Organisée par l’Unité Technique d’Exécution (UTE) du Ministère de l’Économie et des Finances en partenariat avec le consortium IOS Partners, Diagnostic Development Group SA (DDG) et la Fondation Haïtienne pour le Développement Agricole et Durable (FONHDAD), cette cérémonie marque une étape décisive dans l’appui à ce secteur d’activités qui se pratique encore de façon rudimentaire malgré son potentiel économique.
Issues des communes de Caracol, de Fort-Liberté, de Limonade, de Ferrier et de Terrier-Rouge, ces femmes, membres d’une quinzaine d’associations de pêcheurs et de commerçantes des produits halieutiques, ont été formées aux techniques de commercialisation pour professionnaliser leur activité. Leur mobilisation et leur engouement lors des séances témoignent d’une réelle appropriation de la formation. Cette dernière, à travers une pédagogie participative adaptée aux réalités du terrain, a permis à ces actrices clés du secteur de renforcer leurs compétences en hygiène, en conservation post-capture et en gestion financière, transformant ainsi leur savoir-faire traditionnel en un véritable levier d’autonomisation économique.
Réalisée dans le cadre du projet d’Économie Bleue Inclusive (I-BE), financé par le FIDA et mis en œuvre par l’UTE en partenariat avec les Ministère de l’Environnement (MdE) et de l’Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR), la Direction Pêche et Aquaculture (DPAQ) ainsi que l’Agence Nationale des Aires Protégées (ANAP), cet aboutissement traduit, comme le souligne le directeur exécutif de l’UTE, l’engagement, l’effort et la constance des bénéficiaires qui ont su saisir cette opportunité malgré leurs lourdes responsabilités.
Sous la supervision de la DPAQ, ces actions de renforcement de la filière pêche par le projet I-BE visent à adresser, outre les autres actions menées avec les pêcheurs, le problème de la commercialisation des produits halieutiques afin de permettre aux marchandes de poissons d’ajouter de la valeur à leur activité. Ces actions permettront aussi aux marchandes d’améliorer la qualité de leurs produits et aussi de savoir mieux gérer leur argent. Forte de ses 38 ans d’expérience, Madame Guylenne Charles PIERRE témoigne avec enthousiasme : « C’est une formation complète dont nous avons bénéficié. En repensant à la manière dont je gérais mon argent autrefois, je réalise le chemin parcouru. Ce n’est pas que je gaspillais, mais j’ai appris aujourd’hui à mieux administrer les bénéfices que génère mon commerce. »
Un sentiment partagé par Madame Magalie Pierre GÉRÔME qui, du haut de ses 15 ans comme commerçante, revendique d’abord avec une grande fierté son identité en déclarant : « Mwen se machann pwason ! » (Je suis marchande de poissons.) pour ensuite continuer : « Avant la formation, je ne maîtrisais pas toutes les facettes de ce métier. Je ne conservais pas les produits selon les normes et je peinais à calculer mes bénéfices réels après avoir déduit mes dépenses. Grâce à cet accompagnement, pour ne pas dire que je connais tout ce qu’il y à savoir, j’ai acquis une grande maîtrise de mon commerce. »
Les séances de la formation donnée au cœur de l’Aire Protégée des Trois Baies (AP3B) couvraient notamment la compréhension du produit halieutique et de ses caractéristiques, les bonnes pratiques d’hygiène et de présentation, les techniques de conservation visant à limiter les pertes post-capture, les principes de fixation des prix et de négociation, ainsi que les bases de la gestion quotidienne d’un fonds de commerce.
Cette cérémonie ne marque pas la fin des activités, comme l’a souligné le chef de mission du consortium, monsieur William GUSTAVE. Le projet doit encore fournir du matériel aux pêcheurs et aux commerçants des produits de la mer, renforcer la coopérative de pêcheurs et réaliser des séances pour 100 autres femmes.






